Professionnelle du webmarketing en France, j’ai été interpellée par la loi anti-pourriel, entrée en vigueur au Canada depuis le 1er juillet 2014. Elle oblige les entreprises qui envoient des emailings à obtenir au préalable l’accord des destinataires. Pourquoi une telle contrainte ? Risque-t-elle d’impacter négativement la communication des entreprises canadiennes ? Bien au contraire ! A vrai dire, loi ou pas, nous devrions tous respecter cette consigne.

Zoom sur les obligations légales

L’objectif de la loi canadienne anti-pourriel (LCAP) est de protéger les consommateurs contre les tentatives d’hammeçonnages et les fraudes par emails (ou « courriels » comme l’on devrait dire). Elle renforce en outre la liberté des consommateurs, en leur offrant la possibilité de choisir s’ils souhaitent ou non recevoir les communications émises par une entreprise… et en sanctionnant les sociétés qui enfreignent cette volonté.

Comme vous pouvez le voir sur cette vidéo, toute campagne d’emailing canadienne doit désormais respecter les 3 règles suivantes :

  1. Obtention du consentement du destinataire de la campagne
  2. Identification claire de l’émetteur du courriel
  3. Insertion d’un « mécanisme d’exclusion » à l’intérieur du courriel envoyé (autrement dit : possibilité de se désabonner du mailing).

Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter la page consacrée à la LCAP hébergée sur le site officiel du gouvernement du Canada.

Si le Canada adopte une politique particulièrement stricte, il n’est pas le seul pays à lutter contre le spam. En France, par exemple, des obligations existent également :

  • Consentement préalable du destinataire obligatoire pour des cibles B2C
  • Consentement préalable du destinataire recommandé pour des cibles B2B et sujet du mailing obligatoirement adapté à leurs centres d’intérêt.

Une garantie de succès pour vos campagnes d’emailing, au Canada comme partout ailleurs

S’il est bien entendu du devoir des entreprises de respecter les lois en vigueur, obtenir l’accord des destinataires à une campagne d’emailing est bien plus qu’une obligation légale. C’est en fait une garantie de succès pour vos campagnes d’emailing, quelque soit votre pays d’origine. En effet, à quoi bon envoyer des courriels à des personnes qui ne souhaitent pas les recevoir ? Il n’y a que des désavantages à cela :

  • Perte de temps et d’argent
  • Impact négatif sur votre e-réputation
  • Risque d’être répertorié comme spammeur, ce qui peut endommager le taux de délivrabilité de vos campagnes ultérieures… Un peu bête, non ?

Un moyen idéal pour construire une relation de confiance

Par ailleurs, ne pas envoyer de courriels à des personnes qui ne désirent pas en recevoir, c’est avant tout une preuve de respect de votre entreprise envers elles. Vous-même, vous n’aimez sûrement pas voir votre boite de réception saturée par des messages indésirables. Alors pourquoi imposeriez-vous cela à vos cibles ?

Lorsque vos prospects vous confient leur adresse courriel, c’est en général dans un but bien précis (téléchargement d’un livre blanc, inscription à la newsletter de votre blog (ou « infolettre de votre blogue » comme on l’écrit chez vous…). En vous conformant à ce seul usage de leur adresse courriel, vous leur montrerez que votre entreprise est digne de confiance.

Les bonnes pratiques à respecter

Le gouvernement du Canada a créé un document récapitulant les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour assurer le succès de vos compagnes d’emailing. Bien qu’il s’adresse avant tout aux entreprises canadiennes, ce document peut servir de référence à toutes les personnes qui gèrent des campagnes mails. En voici la teneur :

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Les consignes-clés à respecter sont :

  • Envoyez vos emailings uniquement à des destinataires que vous connaissez et qui vous ont donné leur accord explicitement
  • Indiquez clairement votre identité et celle de votre entreprise en précisant votre nom et des moyens de contact : n° de téléphone, adresse physique, etc
  • Proposez systématiquement à vos cibles une option de désabonnement à vos mailings
  • Et, bien entendu, soyez digne de confiance : les tentatives de phishing par courriel sont passibles de lourdes sanctions.

Quelques conseils supplémentaires pour le succès de vos campagnes

Je me permets d’ajouter deux conseils complémentaires à ceux donnés ci-dessus, qui vous assureront de ne pas être classé dans la catégorie « spammeur » :

  • Demandez à vos cibles d’entrer votre adresse mail dans leur carnet d’adresse. Cela garantira à vos campagnes d’arriver dans leur boite de réception et non dans leurs courriers indésirables.
  • Optez pour le double opt-in afin de vous assurer que vos cibles souhaitent recevoir vos courriels : après inscription spontanée de leur part à votre liste de diffusion, envoyez leur un courriel leur demandant de cliquer sur un lien pour confirmer leur choix. Cela vous permettra au passage de vous assurer que le courriel indiqué est valide.

Et vous, que pensez-vous de cette nouvelle loi en vigueur au Canada ? Votre entreprise lutte-t-elle contre le spam ? Quelles précautions prenez-vous avant d’envoyer vos campagnes ?

 

Pauline Drouin

« Capitaine du navire Alesiacom, Pauline a une solide expérience dans les domaines du journalisme et de la communication, et la satisfaction client est son leitmotiv. Elle a fondé Alesiacom en 2013. Son ambition ? Diffuser autour d’elle les bonnes pratiques du webmarketing, et mener ses clients à bon port ! »

pauline@alesiacom.com