Si on interroge les utilisateurs d’Internet, on remarque que chacun a ses raisons de se connecter, ses moments privilégiés de la journée ou encore une utilisation propre du web. Un seul point commun: tous (ou presque) utilisent un seul et même moteur de recherche: Google. Alors pourquoi ce constat? A quoi cela est-il dû? Nous allons tenter d’expliquer cette suprématie incontestable et voir s’il y a de la place pour un concurrent qui pourra, un jour peut-être, dépasser Google.

 

Les débuts des moteurs de recherche…

Tous les moteurs de recherche que l’on connait aujourd’hui descendent d’Archie, un logiciel permettant de rechercher des documents sur Internet, créé en 1987 par des étudiants de l’université McGill à Montréal. En 1993 est créé Wanderer, premier moteur de recherche à proprement parlé. L’année suivante apparaît Yahoo, conçu alors comme un annuaire, mais dont la croissance et le développement seront fulgurants. Dans les années qui suivent, plusieurs moteurs de recherches ou « machines à chercher » voient le jour, comme Lycos et Excite en 1995. Ce n’est qu’en 1998 qu’est lancé Google, bien après certains de ses concurrents. Ironie de l’Histoire, Georges Bell, le fondateur de Excite refusa à deux reprises d’acheter Google en 1999 à $1 million puis à $750 000… de quoi se mordre les doigts quand on sait que la société située à Palo Alto vaut désormais plus de $400 milliards!

 

Google : un succès immédiat

Deux ans après sa création, Google est élu meilleur moteur de recherche grâce à son algorithme rapide et précis; et est d’ailleurs choisi par Yahoo et AOL – alors les deux moteurs de recherches les plus puissants – comme moteur B2B. Cette publicité le fait connaître auprès du grand public et il devient rapidement l’outil de recherche le plus utilisé des internautes, qui apprécient aussi sa facilité d’utilisation et son design épuré qui rendent les recherches claires et organisées.

Malgré la disparition de plusieurs moteurs de recherche historiques, il en existe encore quelques uns : Bing et Yahoo qui se partagent les miettes que laisse Google dans les pays Occidentaux; ou encore des moteurs de recherche nationaux ou locaux comme BaiDu, leader en Chine et qui se lance désormais à l’étranger.

Mais au-delà de ces éléments, c’est aussi une communication bien rôdée qui explique sa domination. Google c’est « in » parce que le design est cool, jeune, simple et percutant, toujours en lien avec l’actualité (on le voit à chaque événement international ou anniversaire important) et surtout très reconnaissable et mémorisable. Il suffit de comparer la page d’accueil de Google et celle de Bing pour comprendre!

 

Comment Google est-il devenu un quasi-monopole?

Ses particularités, comme le fait de classer les résultats en fonction de leur popularité ou les AdWords et AdSense finissent de le rendre incontournable. Dans le même temps, avec l’éclatement de la bulle Internet, les pionniers disparaissent petit à petit, laissant à Google le champ libre pour monter en puissance. Google a donc su se développer au bon moment, et sa popularité a également eu un effet « boule de neige ». A force de voir tout le monde utiliser Google, on a naturellement tendance à faire de même. Aujourd’hui, la plupart des jeunes ne connaissent que Google, qui est devenu une marque de référence en matière de bonne gestion et d’innovation permanente.
Dans le même temps, Google a créé un véritable écosystème en lançant une multitude de projets comme Map, Traduction, Chrome, Analytics, Earth, Drive, Google+, Glass… tout en réalisant des achats pertinents, tels que YouTube et plus récemment Songza. A tel point que ce monopole est de plus en plus décrié…

Vous l’aurez compris, la formule du succès de Google est donc la suivante :

  • Des compétences techniques avérées.
  • Un design simple, facile et épuré.
  • Une bonne communication.
  • Le développement intelligent d’une gamme de produits pensée pour être utilisée ensemble.

Aujourd’hui, les chiffres sont éloquents : Google c’est 7,2 milliards de pages vues par jour, 620 millions de visiteurs chaque jour et près de 17,3 milliards de chiffre d’affaire au premier trimestre 2015! La question est de savoir maintenant qui pourra, et surtout comment, surpasser ce succès?

 

Peut-on détrôner Google?

Des nouveaux moteurs de recherche sont régulièrement créés et les initiatives ne manquent pas pour se démarquer de Google, et donc viser un public plus spécifique. Certains tombent rapidement, d’autres bien qu’encore relativement marginaux, font leur chemin, lentement mais sûrement. A titre d’exemple, nous pouvons citer deux d’entre eux: DuckDuckGo et Qwant.

Le premier souhaite se démarquer de Google en proposant un anonymat total, pas de cookie et pas de publicités sponsorisées. Se distinguer pour exister est sa stratégie et elle fonctionne assez bien. Le second a également fait un bon démarrage, puisque lancé il y a à peine un an, il a déjà le soutien financier d’un important groupe de presse allemand. Pourquoi? Car ce groupe, comme beaucoup de sociétés (web, presse etc), s’est lancé dans une stratégie « anti-google ». En effet, la suprématie de Google ne plaît pas à tout le monde. En mai dernier, les acteurs européens du web ont ainsi dénoncé son monopole et lui ont reproché des pratiques douteuses pour étouffer la concurrence. Il lui est également reproché ses pratiques de déréférencement, mais aussi l’utilisation massive des cookies et de ne pas toujours suffisamment respecter la vie privée et les données personnelles des internautes.

Le moteur de recherche Google a donc ses failles et ses détracteurs. C’est en proposant des services que lui ne propose pas (comme l’anonymat ou le respect de la vie privée par exemple) qu’il est possible de se démarquer pour grignoter des parts. Jouer sur une politique de référencement plus neutre par exemple peut aussi être un moyen de convaincre. Certaines de ses pratiques décriées pourraient faire fuir des utilisateurs et à terme lui faire du tort. Il y a donc des pistes exploitables, en plus des compétences techniques et de la communication évidente, pour concurrencer le géant du web. Cependant, le chemin sera long tant il est installé auprès du grand public.

Actualisé le 20 mai 2015.